Apithérapie

Apithérapie 

Rappelons au passage, car il est important de ne pas l’occulter que selon l’INRA, 20 000 espèces d’abeilles recensées dans le monde contribuent par la pollinisation, à la survie de plus de 80 % des espèces végétales.

L’APITHERAPIE
Définition :
"L' apithérapie est le traitement des maladies par les produits récoltés, transformés ou sécrétés par l'abeille, et tout particulièrement pour l'heure : le miel, le pollen, la propolis, la gelée royale et le venin.
La plupart des produits de la ruche constituent essentiellement des thérapeutiques de terrain qui occupent une très grande place dans la prévention des maladies, prévention qui constitue la finalité première de la médecine et dont il est bon de rappeler la définition : "Ensemble des connaissances et des moyens destinés à prévenir, guérir ou soulager les maladies, blessures ou infirmités."

LES PRODUITS DE LA RUCHE :
Certains produits de la ruche ont d'importantes vertus alimentaires, d'autres aucune. Par contre, tous ont des propriétés leur permettant d'agir efficacement dans diverses maladies aiguës ou chroniques, soit seuls, soit en association avec d'autres médications .
Nous pouvons donc les classer en trois catégories :
- Aliment-médicament,
- Médicament-aliment,
- Ou médicament tout court.

1/LE MIEL
HISTORIQUE ET DEFINITION DU MIEL
Le miel est apparu sur la terre avec les abeilles il y a environ 25 millions d’années, ce n’est bien plus tard que l’ Homme est apparu, qu’il a observé de prés les abeilles et qu’il a appris les secrets de fabrication du miel.
Les hommes pensaient au début de leur découverte des abeilles que celles ci ne faisaient que transporter le miel qu’elles trouvaient dans les plantes ; d’où le nom de l’espèce occidentale « Apis mellifera » qui signifie « abeille porteuse de ».
Plus tard, sous l’ Antiquité, les hommes comprirent que les abeilles fabriquaient le miel elles-mêmes. Ils mirent alors à leur disposition des ruches pour rendre les essaims plus facilement accessibles à l’extraction du miel.
Le miel est donc un aliment que l’humanité connaît depuis la nuit des temps. Les hommes primitifs partaient en groupe à sa recherche tout comme ils le faisaient pour les autres aliments indispensables à leur survie.
On pense que l’origine de l’apiculture se situe en Afrique, où il a été retrouvé des fossiles montrant des alvéoles et des abeilles …
L’origine du mot miel est à rechercher dans le mot sanskrit medhu. Connu sous le nom de melikration durant l’ Antiquité, il a une valeur religieuse très importante.

Toutes les civilisations antiques exploitent le précieux nectar, dont de multiples légendes racontent l’origine divine :
En Egypte, l’abeille naquit des larmes du dieu Râ. En Crète, Zeus enfant se nourrissait du miel que les abeilles venaient déposer sur ses lèvres, et sous d’autres cieux, c’est le dieu hindou Indra qui observait le même régime. Les Egyptiens, les Grecs et les Romains se servaient de cette denrée en cuisine, mais aussi en médecine, dans la confection de nombreux onguents et même pour embaumer certains défunts de marque.
Les égyptiens produisaient par ailleurs l’hydromel, de l’alcool à base de miel, très prisé à l’époque. En Afrique, le miel joue toujours un grand rôle dans l’alimentation et la pharmacopée pour soigner brûlures, morsures de serpent ou plaies infectées.
Enfin les livres Saints comme la Bible et le Coran ne manquent pas de louer les vertus du miel, Il est le symbole de la prospérité et de l’abondance lorsqu’il est question de la Terre Promise, pays ruisselant de lait et de miel.
Le miel consommé depuis l’antiquité » resta le principal produit sucrant jusqu’au développement du sucre de canne puis du sucre de betterave. Il fut le premier édulcorant accessible aux paysans, le sucre leur étant trop onéreux
Aujourd’hui, le miel est un aliment aussi apprécié qu’autrefois. Mais avant de donner plus de détails le concernant , il serait judicieux de se poser la question : « Qu’est-ce que le miel ? »
Définition selon la législation en vigueur :
« Le miel est la substance sucrée naturelle produite par les abeilles de l’espèce Apis mellifera à partir du nectar de plantes ou des sécrétions provenant de parties vivantes des plantes ou des excrétions laissées sur celles-ci par des insectes suceurs, qu’elles butinent, transforment en les combinant avec des matières spécifiques propres, déposent, déshydratent, entreposent et laissent mûrir dans les rayons de la ruche. A l’exception du miel filtré, aucun pollen ou constituant propre au miel ne doit être retiré, sauf si cela est inévitable lors de l’élimination de matières organiques et inorganiques étrangères ».Tout produit ne répondant pas à cette définition ne peut recevoir la dénomination de vente « miel »

ELABORATION DU MIEL
L’apiculture consiste en l’élevage d’abeilles pour la récolte de miel : L’apiculteur se charge de fournir et d’entretenir les ruches, et de choisir les meilleurs sites de butinage, les abeilles fabriquant elles-mêmes le miel. L’homme intervient ponctuellement pour surveiller le processus de développement de la ruche, soigner les maladies, optimisant ainsi la production de miel.
L’intervention de l’apiculteur se limite à la normalisation du produit après extraction et stockage dans un objectif de qualité. Le processus de mellification dépend entièrement du travail des abeilles de la récolte au stockage.

Le scientifique Heinrich a mesuré le volume de travail effectué par les abeilles butineuses. Ainsi, pour produire un pot de 500 grammes de miel, les abeilles doivent effectuer plus de 17 000 voyages, visiter 8 700 000 fleurs, le tout représentant plus de 7000 heures de travail.

COMPOSITION DU MIEL :
Pour déterminer les vertus ou les pouvoirs curatifs d’une substance, il est bien sûr indispensable de connaître sa composition, car celle-ci au travers des éléments découverts, nous mettra naturellement sur la voie des bienfaits possibles.
J’ai donc poussé mes recherches et arrêté mon choix sur l’étude chimique du miel présentée par des élèves de l’ Ecole Nationale Supérieure des Industries Agricoles et Alimentaires de Massy (Méthodes d’analyses chimiques - Département Science de l'Aliment – 1996)
Composition moyenne chimique du miel :
- Hydrates de Carbone : 79.5 %
- Eau : 17 %
- Divers : 3.5 %

En réalité, cette composition est beaucoup plus complexe et d’ailleurs on est loin d’en connaître encore tous les constituants.
En 1962, White, Riethoff, Subers et Kushnir ont tenté de donner la composition moyenne du miel en analysant 490 échantillons en provenance de tous les Etats-Unis, ils sont pu ainsi déterminer la proportion des principaux constituants du miel.
*Les hydrates de carbones constituent la partie la plus importante du miel, mais c’est la plus difficile à analyser. On trouve de monosaccharides (glucose 31 % et lévulose 38 %) qui représente 85 à 95 % des sucres du miel.
On trouve également du saccharose (1.5 %) et du maltose (7.5 %) ainsi que d’autres sucres présents à l’état de traces : isomaltose, igérose, maltulose, raffinose etc.…
*L’eau est présente en quantité non négligeable puisque sa teneur moyenne est de 17.2 % mais comme le miel est un produit biologique, cette valeur peut varier.
*Le miel contient aussi des acides. Le plus important est l’acide gluconique obtenu lors de la maturation du miel avec la transformation du glucose par une bactérie en acide gluconique.
On trouve également une vingtaine d’acides organiques comme l’acide acétique, citrique, lactique, malique, oxalique, butyrique, pyroglutaminique, succinique.
Quelques traces d’acide formique (un des constituants du venin), d’acide chlorhydrique et d’acide phosphorique.
D’autres composés les lactones, dont la présence est constante, ont également une fonction acide.
Le pH qui peut varier de 3.2 à 4.5 est égal en moyenne à 3.9.
*Les matières minérales ou cendres ont une teneur inférieure à 1% (elle est en général de l’ordre de 0.1 %) : On y trouve dans l’ordre d’importance, du potassium, du calcium, du sodium, du magnésium, du cuivre, du manganèse, du chlore, du phosphore, du soufre et du silicium ainsi que plus de trente oligo-éléments. Leur teneur dépend des plantes visitées par les abeilles ainsi que du type de sol sur lequel poussent ces plantes.
*Les protides sont présents en faible quantité (1.7 g/kilogramme de miel soit une teneur de 0.26 %) et la teneur en azote est négligeable (de l’ordre de 0.041 %). Il s’agit essentiellement de peptones, d’albumines, de globulines et de nucléoprotéines qui proviennent soit de la plante soit de l’abeille.
Il y a également des acides aminés libres dont la proline qui provient des sécrétions salivaires de l’abeille.

*De nombreux enzymes se retrouvent dans le miel : l’invertase, l’a-amylase, la b-amylase, l’a-glucosidase et la glucose-oxydase capable de transformer le glucose en acide gluconique. Le miel contient aussi une catalase et une phosphatase. Ces diastases sont détruites par un chauffage exagéré du miel, qu’il y a donc lieu d’éviter si on veut bénéficier de leur action. Ainsi, leur dosage permet de détecter les fraudes liées au chauffage ,du miel

D'autres constituants interviennent
- Des vitamines : Le miel en est très pauvre. Il s’agit essentiellement de vitamines B ( B1, B2, B3, B5, B3, B8, B9) qui seraient apportées par le pollen.
- Le miel est également pauvre en lipides : Ceux qu’on y trouve sont probablement des micro-particules de cire qui échappe à la filtration.
- Des substances aromatiques, on en dénombre plus de 50, elles peuvent permettre l’identification de l’origine des miels, car elles paraissent provenir presque exclusivement de la plante.
- Le miel est considéré comme un produit pur. Mais il n’est pas exempt de produits polluants, présents en très faible quantité, comme le plomb et le cadmium. Le dosage de ces polluants est particulièrement intéressant puisqu’il constitue un bon indicateur de pollution de l’environnement.
- L'H.M.F (Hydroxy Méthyl Furfural) est présent dans les miels vieux ou qui ont subi un chauffage. C’est un indice, plus sa teneur est faible, meilleur est le miel. Le dosage d' H.M.F permet d'ailleurs de détecter si le miel a été chauffé et donc dénaturé.
- Pour les miels bio le dosage H.M.V ne doit pas excéder12 milligrammes au kg alors qu’il est autorisé à 40 milligrammes/kg pour le miel traditionnel.

LES DIFFERENTS TYPES DE MIEL :
La variété des types de miel est très grande ,mais il est cependant possible d'opérer des classements simplificateurs en utilisant divers critères.

* L'origine florale :
- Les miels unifloraux naturels proviennent principalement d'une espèce végétale déterminée, mais non exclusivement, car il est impossible d'empêcher tout mélange avec le miel provenant d'une fleur secondaire.
Dans la mesure où ils sont suffisamment purs, les miels unifloraux répondent à un certain nombre de critères physico-chimiques et organoleptiques; la composition du nectar ou du miellat d'une espèce végétale donnée est relativement constante.
Sur la France, on peut récolter des quantités importantes : 15 à 20 miels unifloraux caractéristiques sur la base de critères bien établis. (ex. miel d’acacia, de bruyère, d’oranger, de thym, de lavande, de tilleul etc..)
- Les miels polyfloraux ne sont pas susceptibles d'avoir une appellation florale, ce qui ne les empêche pas de pouvoir prétendre à une excellente qualité.

* L'origine géographique :
Certains miels polyfloraux ont acquis une réputation particulière qui est liée à leur origine géographique, qu'il s'agisse d'une petite région, d'une province, d'un continent. Cette réputation n'est pas forcément fondée sur des critères analysables, elle est souvent subjective. Par contre, il n'est pas impossible qu'une origine florale soit associée avec une région

* Les différences au niveau chimique.
La teneur en saccharose : considérable pour le miel de luzerne et bruyère, absence pour le miel de colza.
Le miellat : présence de mélézitose (qui tire son nom du miellat de mélèze où on le découvrit); il manque totalement dans les miels de fleurs

Les substances aromatiques : Plus de 50 substances aromatiques permettent l'identification de l'origine des miels, car elles paraissent provenir presque exclusivement de la plante .

....

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire